Empowerment,  Interview,  Self love

Body positive : Natalia, photographie la beauté des corps

Natalia est photographe et coach, adepte du mouvement body positive.
Formée à la psychologie et passionnée par la photographie, elle s’est spécialisée dans le féminin il y a trois ans lorsqu’elle a développé son activité de photo boudoir baptisée : Unleash the goddess.
Un studio photo dans lequel elle révèle la beauté des femmes en les photographiant mais aussi en les guidant vers l’acceptation de leur corps et de leur beauté.
De Montréal jusqu’en France, elle nous partage ses valeurs et son ambition pour libérer les femmes des normes de beauté collectives ancrées dans notre société.

 

Bonjour Natalia est ce que tu peux te présenter en quelques mots ?

Bonjour Victoria, je vais essayer ! J’ai étudié la psychologie mais j’ai toujours adoré la photo.
Après mon deuxième enfant, j’ai eu du mal à m’accepter. Ça m’était arrivé aussi après mon premier mais j’avais joué le jeu de la société en essayant de retrouver mon corps d’avant immédiatement après la grossesse.
On nous fait croire qu’il faut correspondre aux standards de beauté tout de suite après l’accouchement.
Après la naissance de mon fils, ça a été comme une rébellion. C’est quoi la beauté d’une femme? Il y a d’autres façons d’être belle que ce que la société veut nous faire croire.
C’est comme ça que j’ai commencé à me diriger vers ce projet de photo boudoir. (N.D.L.R. la photo boudoir est un style de photo intimiste dans lequel les portraits mêlent féminité, sensualité et émotions).

 

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L’idée est de retomber amoureux de soi.

 

Comment est né ton projet de photo boudoir ? Quel est son objectif ?


Il est né de ma propre expérience.
Ce n’est pas normal que la société impose autant aux femmes.
 L’objectif a été de créer un environnement sans jugement dans lequel la femme va pouvoir exprimer sa sensibilité. Pas forcément en étant nue sur un lit, mais en s’attardant sur la relation qu’elle a avec son corps.
Toutes les femmes sont différentes et je vais simplement les aider et les accompagner pour les mettre le plus en valeur possible.
Il s’agit d’explorer la relation entre le corps et l’estime de soi.
 On a toutes un prototype de la femme idéale dans notre subconscient. On peut ressembler aux femmes que l’on voit dans les magazines, si ça ne correspond pas à l’image que l’on se fait de la femme idéale, on ne s’acceptera pas. L’idée est de retomber amoureux de soi.

 

Comment t’est venue l’idée de mêler ta passion pour la photographie à du coaching pour aider les femmes à mieux s’accepter ?

Je voulais aller au-delà d’une « simple photo ». Créer un concept de beauté dans lequel on reprend le pouvoir. Voir son corps d’une autre manière, par la redécouverte du mouvement par exemple.
À Montréal j’organisais aussi des cercles de femmes. Je vais essayer de recommencer ici en France, dès que nous aurons déménagé dans une propriété plus grande. J’aimerais y faire venir d’autres thérapeutes pour créer un espace collaboratif dédié à la femme.

 

 

J’aimerais qu’on accepte collectivement le corps d’une femme tel qu’il est. Nos standards et nos attentes sont tronqués.

 

À quoi ressemble ton quotidien ?

En France depuis un an j’essaie de trouver une nouvelle balance entre ma vie professionnelle, ma vie de famille et ma vie de femme. Je m’occupe de mes enfants, je pratique la course à pieds et la méditation. J’adore la nature, elle m’aide à me ressourcer.
Après une séance je dois retoucher les photos. Mais je ne retouche pas les « défauts ». 
J’aimerais qu’on accepte collectivement le corps d’une femme tel qu’il est. Nos standards et nos attentes sont tronqués.
Je souhaite également respecter le cheminement des femmes donc si l’on me demande de corriger ou de cacher quelque chose je le ferai. 
Cependant, ma volonté reste de montrer les corps tels qu’ils sont.
D’ailleurs, j’ai observé beaucoup plus de dureté en France sur le regard que les femmes posent sur elles. Beaucoup plus de jugement entre les femmes également.
En arrivant de Montréal ça m’a un petit peu choquée.

 

On parle beaucoup d’ « empowerment », un mot anglais qui trouve difficilement son équivalent dans la langue française. Comment tu le définirais ?

Pour moi, et à travers mon travail, c’est redonner le pouvoir à la femme. Lui rappeler qu’elle peut se définir.
Ce n’est plus la société qui va lui dicter comment elle doit se comporter ou se présenter.
Il existe tellement de tabous, ne serait ce qu’au niveau de la sexualité : la femme ne doit pas être trop sexuelle mais en même temps suffisamment désirable. 
Le corps d’une femme n’appartient à personne d’autre qu’à elle même.
Comment on se définit donne aussi aux autres la manière dont ils doivent nous considérer.
Si on s’accepte comme on est, on ne laisse pas la place au jugement de l’autre, ou alors il ne sera que le reflet de son propre mal-être.

 

Que pourrais tu conseiller à toutes les femmes qui n’osent pas s’assumer ?

L’amour de soi commence par des petits gestes de tous les jours.
Ça n’arrivera pas par magie en changeant sa couleur de cheveux ou en perdant du poids mais plutôt en changeant notre relation avec nous-même. Ce travail doit venir de nous.
Le premier petit geste peut être au réveil : se regarder dans le miroir et se dire « je t’aime » avant de s’enlacer. Ça peut paraitre simple mais ça va reprogrammer le cerveau et briser le schéma qui est de ne pas s’aimer quand on se voit. Surtout si on est habitué à se dire qu’on ne s’aime pas depuis longtemps, le cerveau va nous y ramener beaucoup plus rapidement. Il faut briser cette loupe et mettre en place un nouveau circuit.
Il faut se demander « qu’est-ce qui me fait me sentir bien ou mieux? ». 
Pour chaque femme ce sera différent. Ça peut être la méditation, la lecture, le sport. Il faut que ce soit un geste conscient pour se réconcilier avec soi, et chaque jour ces petits gestes feront la différence sur le long terme.

 

 

Quels sont tes objectifs pour l’année 2020 ?

Continuer la photo boudoir et organiser des cercles de femmes.
J’ai un projet qui me tient à cœur depuis longtemps également : prendre en photo plusieurs femmes, pas forcément dénudées mais mon objectif sera de montrer la diversité des corps et leur beauté.

 

Merci Natalia! Une audace à nous partager ?

Lancer photo boudoir il y a trois ans et demi !
Pour la première séance photo c’est moi qui ai demandé si quelqu’un voulait poser.
Mon fils avait huit mois et je le gardais à la maison. Une femme a dit oui et elle est venue chez moi. Quand elle m’a demandé si elle devait se déshabiller je me suis demandée dans quoi je m’étais embarquée ! J’avais une femme nue devant moi (rires). Je crois qu’elle était plus à l’aise que moi.
Depuis je me suis expertisée dans la beauté de la femme et je suis ravie de participer au mouvement body positive en France. Il est beaucoup plus répandu à Montréal où les différences et handicaps sont moins marginalisés.
Il est important de créer un environnement dans lequel la femme peut s’aimer quelque soit son apparence.

 

Vous pouvez retrouver le travail de Natalia sur son compte Instagram.

Un commentaire

  • Joséphine

    Bonjour,
    Merci Victoria pour cette nouvelle interview !
    On découvre de nouveaux horizons et
    celà peut aider beaucoup de monde.
    Prendre ou reprendre contact avec soi même
    et apprendre à s’aimer ; c’est plein d’amour
    et le monde en a bien besoin.
    S’aimer c’est le premier pas pour aimer les autres.
    Alors que du bonheur en perspective !

    Joséphine

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