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Littérature : rencontre avec Hélène Vergé

Le podcast Primo produit par Nouvelles Écoutes et les éditions Robert Laffont a donné l’opportunité à trois jeunes auteurs de publier leur premier roman. De la réécriture jusqu’à la publication, le podcast a suivi les trois autrices durant cette aventure.
Hélène Vergé est la troisième autrice à avoir été sélectionnée pour son roman La vie en confettis. Elle nous partage son histoire avec le monde de l’édition ainsi que ses conseils pour celles et ceux qui souhaitent être publiés.

 

Bonjour Hélène, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Oui bien sûr. Je m’appelle Hélène Vergé, j’ai 29 ans.
J’habite et je travaille à Paris. Mon premier roman a été publié en septembre dernier après un long travail d’écriture qui a duré entre 5 et 6 ans. 
Actuellement je fais la promo du roman. C’est chouette, c’est une autre partie de la vie du livre que je veux accompagner au maximum.

 


La vie en confettis
est ton premier roman. Sa publication a une histoire assez singulière. Peux-tu nous la raconter?

Avant d’envoyer mon manuscrit à Primo j’ai travaillé sur mon texte pendant plusieurs années. C’est assez difficile de trouver un éditeur et d’attirer l’attention.
J’ai participé à beaucoup de concours de nouvelles, sur aufeminin.com par exemple. Des auteurs ont pu émerger de cette façon donc j’ai toujours été à l’affût de ce qui pouvait mettre en avant mes textes.
Après avoir envoyé mon roman à plusieurs maisons d’édition, des amorces de réponses positives m’ont donné confiance. Même une réponse négative est toujours constructive dès lors qu’elle est un tout petit peu argumentée.

Vivre plusieurs étapes en même temps à travers les différents enregistrements était très amusant

J’écoute pas mal les podcasts de Nouvelles écoutes, notamment La Poudre. Durant un de ses épisodes, Lauren Bastide a parlé de Primo, le projet qui était lancé avec Robert Laffont.
J’ai envoyé mon texte dans ce cadre là en octobre 2018. Françoise Delivet, mon éditrice, m’a rappelée en février 2019, le roman était publié en septembre 2019.
C’était chouette de rencontrer une équipe et de vivre plusieurs étapes en même temps à travers les différents enregistrements.
Cela m’a permis de découvrir le monde de l’édition, ce qui était le but pour les auditeurs. Moi aussi j’en ai appris au passage (rires) – une auditrice comme une autre.

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Tu écris dans un style assez familier et très doux à la fois. Comment as-tu développé ce style littéraire ?

C’est vrai que ce style est particulier. Au début ça peut étonner, parfois ça décontenance un petit peu.
Il est très travaillé pour produire cet effet. L’utilisation du verlan ou les fautes de grammaire ne sont pas du tout de la désinvolture. Ce style m’a beaucoup amusée dans l’écriture. C’est à ce moment que j’ai réalisé tenir quelque chose. Malmener le langage était très amusant.
Valentine (adolescente et personnage principal du roman) invente des expressions, ce qui correspond à son personnage d’enfant qui utilise un mot pour un autre. Elle peut utiliser du verlan mais aussi des mots plus élaborés.
Quand j’ai trouvé ce ton là, j’ai poursuivi dans cette veine. Je ne l’avais pas au début, c’est en écrivant petit à petit qu’il a fini par jaillir.

Quels auteurs ont nourri ton inspiration ?

Peut-être Romain Gary. C’est un auteur que j’aime beaucoup pour sa capacité à passer du rire aux larmes.
Il y a toujours de la tendresse, des moments poignants et émouvants mêlés à énormément d’humour, même dans les moments de pire détresse. Je trouve que ce mélange des genres saisit particulièrement.
Lorsque l’histoire devient grave et sombre je suis toujours attachée à l’humour. Ça met en relief les moments difficiles en les rendant encore plus émouvants, ça bouleverse.

Je suis aussi sensible à l’univers onirique d’Alice au pays des merveilles.
Pour ce roman, Mafalda a pu m’inspirer. Cette petite fille de Quino qui a un avis sur tout et tout le monde.
J’ai également lu L’élégance du hérisson pour l’inspiration de vie d’immeuble.

 

Comment l’idée du roman a-t-elle vu le jour ? L’histoire n’est pas banale. Est-ce en rapport avec ta propre adolescence ?

Non ça ne m’est pas arrivé directement. Je n’ai pas perdu de petit frère, de bébé.
Ce n’est pas mon histoire, mais j’ai puisé dans des choses que j’ai vécues.
Ce qui m’intéressait beaucoup était de raconter l’histoire d’une enfant désemparée devant le chagrin de ses parents. Comment les enfants peuvent être complètement désarmés devant une peine et comment ils peuvent essayer d’être des pansements pour leurs parents.
Dans le roman, les parents ne voient pas Valentine. Ils sont malheureux et tellement englués dans leur propre chagrin qu’ils n’y arrivent pas.
Par différents moyens elle essaie de les consoler mais c’est toujours un peu ridicule. Elle pense que leur faire des coquillettes au jambon les aidera à aller mieux. C’est ça qui m’intéressait.

 

Comment résumerais-tu l’aventure qu’a été cette publication ?

C’était très excitant.
Dès que j’ai été appelée j’ai sauté en l’air de joie. J’ai eu de la chance car le podcast a fait durer le plaisir.
Ça a commencé avant la publication avec les enregistrements et les événements. J’ai été publiée en septembre mais dès janvier j’étais déjà dans le bain.
Pour Robert Laffont c’était complètement nouveau aussi. On a tous vécu une nouveauté. Le podcast a intéressé pas mal d’auditeurs. Une aventure pas banale c’est vrai !

 


Que se cache t-il derrière la relation d’un auteur avec son éditeur ? Une relation de proximité ?

C’est tellement de solitude l’écriture d’un texte. Ça prend énormément de temps.
Du temps avec ses personnages tout seul, à douter, avoir peur, à se dire que c’est nul. Jusqu’au dernier moment on peut finalement se dire que ça ne vaut rien.
Le moment où l’éditrice arrive est un cadeau. C’est enfin un regard professionnel sur le texte, un accompagnement. On sort de la solitude et on se décharge d’une partie de la responsabilité.
Les décisions ne sont plus prises seul.
Françoise, mon éditrice, m’a donné quelques directions mais ce n’était jamais autoritaire. Ce sont des conseils. C’est vraiment très chouette. En tant qu’auteur on rêve de ça. Quand c’est arrivé j’étais hyper heureuse.

Il est important de se rappeler qu’on écrit car on aime ça avant tout

Quels conseils pourrais-tu donner aux jeunes auteurs qui souhaitent être publiés ?

Prendre sa respiration (rires). Beaucoup de courage, serrer les poings.
Je pense que je leur dirais d’essayer au maximum de trouver leur joie dans l’écriture même si parfois c’est très difficile. Il faut en passer par des moments où on galère, où on tâtonne. Réussir à créer un monde avec un univers, des personnages, c’est aussi très gratifiant.
Il ne faut jamais perdre de vue cette joie là. Tout le reste vient après sans qu’on le cherche vraiment. Si le texte est prêt ça viendra.
La joie d’écrire c’est souvent tout ce que l’on a au début. Tout est difficile. Être publié déjà, mais ensuite être lu aussi.
Réussir à émerger parmi tout le choix qu’il y a. Il est important de se rappeler qu’on écrit car on aime ça avant tout.
Écrire pour chercher à se faire plaisir, à s’amuser, ça finira par être communicatif si ça doit l’être et à toucher des lecteurs.

 

Penses-tu publier un autre roman ? Quels sont tes projets pour le futur ?

Oui, c’est très embryonnaire mais j’ai commencé à travailler sur un deuxième roman en effet.
Ce sera dans un style un peu différent puisque j’ai voulu que celui là soit propre à Valentine. J’ai envie de montrer que je peux faire autre chose.
Ce sera un roman plutôt contemporain, une fille autour de 35 ans probablement. Peut-être plus léger et moins triste que La vie en confettis même si la perception de la tristesse varie d’un lecteur à un autre.

 

Merci Hélène ! Pour finir as-tu un souvenir audacieux à nous partager ?

J’ai fait quelques discours de mariage. À mon échelle j’ai trouvé ça un peu audacieux (rires).
Je l’ai fait pour quelques copines et j’ai beaucoup aimé ça même si c’est beaucoup d’angoisse puisque c’est de la prise de parole en public.

J’ai aussi pris des cours de One man show. C’est beaucoup d’écriture mais une écriture complètement différente.
J’ai fait ça un an avant la publication du livre puis j’ai dû arrêter car ça prend énormément d’énergie.
Je trouve que c’est assez audacieux car on ne sait pas toujours ce qui va faire rire les gens.
C’est très amusant le rire. Ce qui le déclenche. C’est quelque chose que j’aimerais beaucoup explorer. J’arrivais avec quelque chose de très construit alors qu’il faut rester dans la spontanéité pour toucher les gens.

 

Les épisodes de Primo Podcast
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